Un retour de Genesis au complet?
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Scoop People le 09/01/09
Peter Gabriel, Friends, Realworld, Womad
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Sophie Périabe 27 septembre 2008
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Le grand retour de Rossy
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Rencontre exceptionnelle avec Lévon Minassian, le 18 octobre, à l'aquarium
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Bertrand Dicale, Radio France Internationale, 09.09.08
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Chers amis,
Nous vous annonçons avec une infinie tristesse que Hector Zazou nous a quitté le 8 septembre 2008 à Paris, dans sa soixantième année, à la veille de la parution d’un nouvel album enregistré en Inde (In The House Of Mirrors).
Explorateur fasciné des musiques du monde, pionnier des expérimentations électroniques, amoureux des voix féminines et des quatuors à cordes, arrangeur délicat et amateur de rock décalé, Hector Zazou n’a cessé de surprendre à chaque nouvel album, naviguant entre les genres pour créer les mélanges les plus subtils.
En témoigne une discographie riche d’albums originaux et souvent précurseurs, tels que Barricades 3 (1976,avec Joseph Racaille), Noir et Blanc (l’album qui posa les bases de la fusion afro-électronique, enregistré en 1983, avec le chanteur congolais Bony Bikaye), Les Nouvelles Polyphonies Corses (lauréat d’une Victoire de la Musique en 1992), Chansons des Mers Froides (1994, avec Björk, Suzanne Vega, Siouxsie), Lights In The Dark (1998, avec Brendan Perry, Ryuichi Sakamoto, Peter Gabriel) et une quinzaine d’autres, qui lui confèrent une place de premier plan sur la scène internationale.
Réalisateur sollicité, il a entre autre travaillé avec les chanteuses Yungchen Lhamo (Tibet), Sevara Nazarkhan (Ouzbékistan) et Laurence Revey (Suisse), avec le flûtiste galicien Carlos Nuñez ou avec le groupe italien PGR.
Musicien respecté par ses pairs, il a collaboré avec Jon Hassell, Manu Dibango, John Cale, Harold Budd, Brian Eno, Peter Buck, Bill Rieflin, Nils Petter Molvaer, Laurie Anderson, Lisa Germano, David Sylvian, Jane Birkin, Lisa Gerrard, Asia Argento, Gérard Depardieu...
Crammed Discs a eu le bonheur d’entretenir une longue relation amicale et productive avec Hector Zazou, depuis le début des années 80, qui a donné lieu à la production et la publication de dix de ses albums. Le onzième est ‘In The House Of Mirrors’, un disque merveilleux et malheureusement posthume, qui paraîtra le 6 octobre.
Nous nous associons à sa famille et à ses proches en ce moment de deuil..
Il nous manque déjà terriblement.
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Eric Tandy pour www.Hitmusemag.com le 10 septembre 2008
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Ludovic Perrin, Liberation, mercredi 10 septembre 2008
Hector Zazou est mort lundi. Dans un mois sortira son dernier projet, In the House of Mirrors, enregistré à Bombay avec des Indiens. Un album minimaliste dans la lignée de ce qu’a pu produire ce musicien activiste en quarante ans.
Situationniste. Né le 11 juillet 1948 à Sidi Bel Abbès (Algérie) sous le nom de Pierre Job, Hector Zazou avait amené la radicalité expérimentale sur le terrain populaire, comme la marge tient les pages. Révélé au sein du collectif Barricade en 1969 à Marseille, ce bassiste nourri à Captain Beefheart et Raymond Roussel ambitionne de capter en musique l’esprit situationniste d’époque par une série d’emprunts, de détournements et de foutages de gueule. Mot d’ordre : ne pas sortir de disque avant 2000.
La promesse a été tenue puisqu’ont finalement paru les chutes de Barricade, collectif scindé en deux fragments, Crève vite charogne d’un côté, Roquet et ses Lévriers Basanés de l’autre, avec Hector Zazou et Joseph Racaille. Ensemble, rodés à la manche (Chaussettes noires et Danny Logan au répertoire), ils enregistreront deux albums sous le nom de ZNR, Barricade III et Traité de mécanique populaire. En 1979, Racaille quitte l’appartement communautaire. Et Zazou le suit un an plus tard à Paris. Mais de son côté. «C’était un formidable compositeur et catalyseur, mais qui pouvait avoir un côté chef», se souvient Joseph Racaille, devenu un arrangeur couru (Bashung, Thomas Fersen, Dick Annegarn).
Un trait de caractère qui revient quand on évoque Hector Zazou : organisateur capable de donner sa chance au débutant (Renaud Gabriel Pion, clarinettiste) et de s’entourer de figures arty du moment (David Sylvian, Lisa Germano). Comme ses mouvements disparates, c’était un «personnage difficile à cerner, sachant se faire silencieux et parfois sentencieux, maître d’école. Mais derrière ce caractère fort, il y avait une vraie exigence de projets libérés des visées charts», se rappelle Dominique Dalcan, invité sur le projet Sahara Blue (1992).
Contre-emploi. Hector Zazou vient alors d’accéder à la reconnaissance avec Les Nouvelles Polyphonies corses, Victoire de la musique 1992. Ce projet mêlant le piano de Sakamoto aux voix de l’île de Beauté résume l’axe Zazou: «L’idée était de prendre des gens et, comme si leurs racines ne suffisaient pas, de les réinventer en croisant continents et cultures.» Cela se fait chez cet admirateur de Brian Eno, Steve Reich et John Cage, au travers de castings à contre-emploi. Depardieu et John Cale, Khaled et Richard Bohringer, Siouxsie et Björk se retrouvent sur des albums prolongeant le rêve de «musiques nouvelles» que Zazou avait depuis ses premières expériences électroniques au sein de Barricade et ZNR : conjuguer piano à queue et séquenceur, ambient et sons du Maghreb, voix polaires et rythmes africains. Ou l’inverse : synthépop Soft Cell et griot (Zazou-Bikaye). «Les idées lui venaient parfois en studio, poursuit Dalcan. C’était un tchatcheur, capable de vendre un projet sur un pitch. Il embarquait les gens dans sa finalité à lui. Certains en ont bavé, mais c’était formateur. Il ouvrait la tête et l’esprit.»
Jeanne d’Arc. Chansons des mers froides clôt en 1995 la trilogie des grands travaux Zazou. Le musicien n’en continue pas moins de varier les genres : album acoustique avec Jane Birkin et Lisa Germano (suivi de son jumeau électronique), relecture des chants sacrés du XIIe siècle en Irlande avec un trio de chanteuses soutenues par le Galicien Carlos Nuñez, Mark Isham et Peter Gabriel, compos pour le Balanescu Quartet, musique sur la Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer, pour finir sur un projet avec le peintre Bernard Cailleau, Quadri+Chromi, en 2006. Tout un éventail qui reflétait la multiplicité inquiète revendiquée par un musicien trop curieux pour s’inscrire dans une ligne.
Libellés : ...en Français, Hector Zazou
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Amoureux des musiques du monde, africaines et des îles en particulier, Hector Zazou avait été exposé à un plus large public en 1995 avec son album Chanson des Mers Froides, sur lequel on trouvait, parmi des choeurs sidérants (d'esquimotes notamment) quelques intervenants célèbres : Björk, Siouxsie, John Cale ou Suzanne Vega. Cette collection de chansons d'ambiance traditionnelles des régions froides avait constitué son plus gros succès commercial et avait permis de faire connaître sa démarche d'ouverture, de métissage musical et de défrichage à un public pop-rock généralement assez fermé autour de ses bases. Zazou aimait les percussions africaines, les pièces de rock jouées avec des instruments traditionnels mais également les expérimentations sonores et électroniques. Son dernier album, sorti il y a un an, Corps Electriques, évoluait d'ailleurs dans ce registre electro-rock.
Son décès intervient quelques jours avant la mise en circulation d'un album qui, de fait, deviendra un album posthume : In the House of Mirrors, prévu le 6 octobre. L'album enregistré en Inde, avec notamment une section de cordes ouzbek, illustre sa volonté de parvenir, par l'électronique, à mener, au sein de musiques répétitives ou ascensionnelles, une vraie recherche du sacré. "Les Anglais ont Peter Gabriel, les Américains David Byrne, les Français Hector Zazou", disait de lui Jean-François Bizot. Il va falloir faire autrement.
http://www.myspace.com/corpselectriquesalbum
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Eliane Azoulay, Télérarma Le 9 septembre 2008
Le coup de foudre fut immédiat pour le nouvel album d’Hector Zazou, In the house of mirrors. L’envie est venue aussitôt de comprendre la démarche de l’iconoclaste compositeur, si discret à ses claviers, en arrière-plan d’un languide et onirique entrecroisement de cordes indiennes et ouzbeks. Et d’en savoir plus sur ce titre énigmatique, en référence à la galerie de glaces de La Dame de Shanghaï.
Cette fois, le dandy cultivé féru de Raymond Roussel, Eric Satie ou Robert Wyatt, s’était effacé derrière le savoir-faire des musiciens asiatiques qu’il était allé chercher dans leurs lointaines contrées. Il avait succombé aux vertiges de la lenteur et de la sérénité, lui qui avait commencé par le free-rock le plus déjanté (Zazou/Racaille) avant de faire le grand écart entre pièces pour quatuors à cordes (Balanescu Quartet) et afro-funk-électro (Zazou/Bikaye). Au long de son parcours, ce touche-à-tout aux allures de savant illuminé s’était également intéressé aux polyphonies corses, aux vocalises tibétaines, aux gospels du pôle Nord. Parmi ses complices musicaux, Björk, Brian Eno, John Cale, Jon Hassel, Khaled, Manu Dibango et même… Gérard Depardieu ! Mais jamais il n’avait su capter aussi intensément l’âme des traditions ainsi approchées.
Un entretien fut donc demandé à la maison de disque Crammed, petit label bruxellois qui a souvent accompagné ses pérégrinations d’explorateur curieux des sons du monde. Et la nouvelle, terrible, est tombée : Hector Zazou était atteint depuis juin dernier par « une forme très agressive de cancer du système lymphatique ». Exceptionnellement, il pourrait répondre à mes questions, mais par mail seulement. Cette interview fut la dernière qu’il ait accordée : la maladie l’a emporté, à 60 ans, dans son sommeil, la nuit du 8 au 9 septembre.
« Attirer l’attention de l’auditeur sur la manière dont certains sons se répondent et se reflètent à l’infini. » Hector Zazou expliquait ainsi le titre en forme de clin d’œil au film d’Orson Welles. Le déclic initial était venu d’une commande de France Musique pour des brèves, des « virgules » utilisant les résonances des sons.
« Aller au cœur du son », écrivait-il dans son mail. Ou encore « Voir le tissu sonore comme à travers un microscope… Appréhender les notes par un processus de grossissement de certains éléments… » Zazou a toujours eu un penchant pour le conceptuel.
« Tout au long de la trentaine de disques que j’ai enregistrés en tant que compositeur ou réalisateur, ajoutait-il, je n’ai jamais envisagé de mettre une saharienne et un casque colonial. Je ne suis pas un donneur de leçons, plutôt un éternel étudiant en quête de savoir. Pour In the house of mirrors, j’avais commencé à faire des comparaisons théoriques. Mais mes calculs se sont avérés complètement fantaisistes. Quand j’en ai parlé aux musiciens, ils ont souri : “Si nous voulons jouer ensemble, la meilleure méthode est de nous écouter et de modifier, de temps en temps, quelques notes.” »
Au fil des rencontres entre les instrumentistes ouzbeks et indiens – aux luths Toir Kuziyev, « le Ry Cooder des steppes », au violon, Milind Raikar, à la guitare « slide » Manish Pingle, à la flûte Roju Majumdar – est né le désir de faire appel à quelques amis occidentaux. Ainsi sont arrivés le souffle lunaire d’un trompettiste norvégien, un lancinant violon hongrois, un piano andalou, une flûte asturienne.
Derrière ses claviers, Zazou s’est livré à de légers bidouillages pour triturer, prolonger, amplifier les notes et leurs résonances les plus ténues. Les quatorze années de jeunesse qu’il a vécues en Algérie sont sûrement aussi pour beaucoup dans les tonalités orientalisantes de ce bain indo-ouzbek. « Notes et résonances, écrivait-il, forment des vagues qui poussent l’instrumentiste à plonger de la surface de l’onde vers le cœur même du son, à l’intérieur de lui-même. »
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Baptiste Layec, musicspot.fr, publié le 08/09/2008
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