Articles review on the net, revue d'articles sur la toile


Inscription : feeds, flux :
(Atom) Gabriel Real World News

Affichage des articles dont le libellé est ...en Français. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ...en Français. Afficher tous les articles

10 janvier 2009

Un retour de Genesis au complet?

Photographer: Insidefoto / PR Photos

C'est en tout cas ce que Peter Gabriel a laissé sous-entendre à ses fans! En effet, le chanteur originel qui avait quitté le groupe en 1975, cédant sa place au batteur Phil Collins, a récemment déclaré "Il se peut qu'on se reforme avec le groupe Genesis." Le groupe s'était déjà reformé en 2007 pour une tournée mondiale avec Tony Banks, Phil Collins, et Mike Rutherford mais sans Peter Gabriel, qui n'en avait pas eu la possibilité. Tout comme AC/DC, il se pourrait que le groupe de rock se reforme donc complètement, puisqu'il a ajouté "Je n'ai aucune objection à rejoindre Genesis à l'avenir." Et tout comme les fans de AC/DC, les fans de Genesis risquent d'exploser de joie à l'annonce officielle de ce retour tant attendu!

30 décembre 2008

’Hobo’, l’album de Charlie Winston

Musique.evous.fr, mardi 30 décembre 2008

S’il a déjà sorti un album autoproduit, tourné dans les salles de Nice ou de Paris et assuré les premières parties de Peter Gabriel, Charlie Winston n’est pas encore connu du grand public. Avec Hobo (Atmosphériques), cet Anglais de trente ans espère bien changer la donne. Pour y parvenir, il dispose d’une voix que certains rapprochent de celles d’un Jeff Buckley et du soutien de Catherine Ringer qui est tombée sous son charme en le croisant dans un studio de New York.

Disponible le 26 janvier 2009

Originaire du Royaume-Uni, Charlie Winston est un auteur-compositeur-interprète qui s’est fait connaître grâce à sa reprise du tube I’m a Man dans le cadre d’un spot publicitaire pour une marque automobile.

Frère du songwriter Tom Baxter, le chanteur fait partie du groupe Oxymorons avec lequel il se produit sur scène. En 2007, le jeune artiste part en tournée avec Peter Gabriel, ancien membre de Genesis. Inspiré par des personnalités aussi diverses que Tom Waits, Stevie Wonder ou Nick Cave, son style de musique très éclectique séduit grâce à son mélange entre folk, soul et pop. Une nouvelle voix très underground qui envoute dès la première écoute...

08 octobre 2008

Procès de la bande à Alex

Viol, vol à main armée, association de malfaiteurs… : Ces faits graves qui pèsent sur Alex, Banda Dabo et cie

C’est hier mardi que les vingt-trois accusés du procès de la bande à Alex ont commencé à défiler devant la Cour d’assises spéciale pour dire le rôle de chacun dans les crimes qui leurs sont reprochés.

Le procès de la bande à Alex, Banda Dabo, et Alioune Abatlib Samb dit ‘Innoncent plus connu sous le dimunitif de Ino (aujourd’hui disparu) s’est ouvert hier devant la Cour d’assises spéciale, avec une sécurité renforcée au regard de la dangerosité de ces caïds qui ont eu à s’évader de manière spectaculaire en prison. Après l’appel nominatif des accusés, le greffier de séance a procédé à la lecture de l’arrêt de renvoi. Et dans cet arrêt, des chefs d’accusation extrêmement graves sont portés contre la bande à Alassane Sy ‘Alex’, Banda Dabo et autres. Il s’agit des chefs d’association de malfaiteurs, vols commis la nuit avec effraction, port et usage d’armes de violences, de menaces et de voie de fait contre Massamba Niang, Demba Ndiaye, Moussa Diouf, Ndiouma Ngom dit ‘Sérére’, Mamadou Mactar Sow, Ameth Bâ. A ces chefs d’accusation s’ajoutent pour Alex, Banda Dabo, et Fodé Cissé, Cheikh Bâ (qui passent en réalité pour être les cerveaux de ces caïds aux côtés de Alex et Ino), les viols collectifs sur deux Américaines lors du cambriolage du domicile du chanteur américain Peter Gabriel aux Almadies, et sur des Sénégalaises dont une religieuse à Guédiawaye, notamment au monastère de Keur Moussa entre 1996 et 1997. Les caïds ont également sévi dans les régions de Thiès, Saint-Louis, Kaolack et au niveau du département de Mbour. (...)

Mamadou SARR

04 octobre 2008

le Quadrige de Gabriel

Communiqué du gouvernement luxembourgois : Jean Asselborn, laudateur à la remise des prix "Die Quadriga", le 3 octobre 2008 à Berlin

Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de l’Immigration, Jean Asselborn, sera l’un des laudateurs lors de la cérémonie annuelle de la remise des prix "Die Quadriga", le vendredi soir 3 octobre 2008 à Berlin dans l’enceinte de la "Komische Oper Berlin".

Le prix "Die Quadriga" est décerné chaque année le 3 octobre, Journée de l’unité allemande, en hommage à quatre personnalités ou institutions dont l’engagement est porteur de changement. Il doit son nom au quadrige historique qui domine la Porte de Brandebourg, à Berlin. Le prix "Die Quadriga" est attaché à l’héritage de la révolution pacifique et dédié à tous ceux dont le courage fait effondrer des murs.

Le Vice-Premier ministre remettra le prix dans la catégorie "United we Care", qui récompense l’exercice de la charité mondiale et qui ouvre des possibilités et des perspectives d’avenir. Le prix sera décerné à Peter Gabriel, artiste originaire de Wiltshire en Grande-Bretagne, pour ses efforts dans le domaine humanitaire, notamment par ses projets "The Elders", "Witness" et "Womad".

Le prix "Die Quadriga" comprenant trois autres volets, le président de la République d’Autriche, Dr. Heinz Fischer, décernera le prix au président de la République serbe, Boris Tadic, pour ses efforts courageux de diriger la Serbie vers la famille européenne. Le ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne, Dr. Frank-Walter Steinmeier, sera le laudateur pour Eckart Höfling, prêtre de l’ordre des Franciscains, qui depuis plus de trente ans abrite et soutient des enfants défavorisés à Rio de Janeiro. Finalement, le philosophe américain David Weinberger remettra le prix à Jimmy Wales, fondateur et président d’honneur de la Fondation "Wikimedia", ainsi que de la fameuse encyclopédie "Wikipedia", pour sa mission éducative et d’éclairage.

A noter que le Premier ministre Jean-Claude Juncker a été lauréat du prix "Die Quadriga" en 2003.

(communiqué par le ministère des Affaires étrangères et de l’Immigration)

28 septembre 2008

Manu Dibango à Saint Gilles (Rennes) le vendredi 10 octobre!

Par Lionel, Alter1fo.com

Ceci n'est pas un canular: Manu Dibango, l'homme de Soul Makossa, l'homme-musiques de Douala, se produira en concert le vendredi 10 octobre à 20h30 au Sabot d'or, à Saint Gilles, accompagné, en première partie du réunnionais Davy Sicard. Accompagné par The Soul Makossa Gang, le désormais patriarche de l'Afro-Funk nous fait l'honneur d'une visite dans le cadre de la tournée célébrant son 75ème anniversaire. Mamako-mamasa mako makossa...

Révélé mondialement en 1973 par le conte de fée "Soul Makossa" (face B d'un disque sorti pour la CAN de football 1972 et devenu miraculeusement chouchou des DJ's américains pendant la période disco), on ne résumerait pourtant pas la carrière du saxo aux lunettes noires à ça: Manu a été polyinstrumentiste de Jazz à Paris et Bruxelles, a chanté en espagnol dans l'African Jazz, été l'organiste de Nino Ferrer (entre autres), puis, porté par son hymne, il triomphe à l'Apollo ou au Yankee stadium.

Il fait partie de l'aventure de Kinshasa avec Muhammed Ali et James Brown, a été repris par les Fania All Stars, puis pillé par Mickael Jackson ou Afrika Bambaata avant d'être nommé directeur de l'Orchestre National de Côte d'Ivoire puis Officier des Arts et des Lettres sous Mitterand. A 75 ans, Emmanuel Dibango N'Djocké peut également se targuer d'avoir collaboré avec Herbie Hancock, Peter Gabriel, les plus grand du reggae à Kingston ou Bill Laswell, mais aussi Dick Rivers ou Yannick Noah...Sur tous les fronts, en somme, en vrai militant du métissage.

Le Soul Makossa Gang a été formé en 1986, et, comme son nom l'indique, reste la formation dépositaire du savoir-faire Afro-Jazz de Manu: 6 musiciens aux petits oignons, de la grosse basse ondoyante et du groove percussif pour porter les solis incisifs du Roi Manu. Du boulot pour les genous, quoi.

Et puis la bonne idée, c'est aussi d'associer notre griot septuagénaire au jeune rénovateur du Maloya, Davy Sicard, qui élargit de façon très personnelle le cadre traditionnel du Maloya, et, à l'instar de Nathalie Natiembé, il prolonge les recherches de Danyel Waro, Alain Péters et Granmoun Lélé.

Le grand retour de Rossy

Rossy. (photo Sécyl)
Sophie Périabe 27 septembre 2008


MANAPANY SURF FESTIVAL

Le grand retour de Rossy


Toute la magie traditionnelle malgache débarque sur le Manapany Surf Festival 2008 avec un artiste hors normes, qui porte haut les couleurs musicales de la Grande Ile : Rossy, véritable légende dans son pays.

Cela fait maintenant 29 ans que le groupe Rossy existe. Après une période sombre dans son île natale qui l’oblige, avec la moitié de ses musiciens, à s’exiler en France, Rossy revient en force.

« Mon retour à Madagascar s’est très bien passé, nous avons rempli les stades », raconte fièrement l’artiste malgache. Porteur des valeurs ancestrales, imprégné de sa culture orale et d’une joie de vivre indéfectible, il s’est produit au sein du “Womad” (groupe world de Peter Gabriel) et a conquis le monde avec les rythmes festifs du “Vakisôva” issus du “Hira-Gasy”.

Armé de son seul accordéon diatonique, il est aujourd’hui tête d’affiche dans tout l’océan Indien, bât des records d’affluence et ses concerts fédèrent facilement 50.000 personnes.

Sur la scène du Manapany, ils seront dix, l’ossature des musiciens est restée la même depuis la création de Rossy. « Nous attendons deux trompettistes et une choriste qui doivent venir de Madagascar, mais la question des Visas est toujours d’actualité, explique Rossy, on ne sait pas s’ils vont pouvoir arriver à temps »...

En tout cas, Rossy à Manapany, c’est un évènement qui va, à coup sûr, secouer les cocotiers de la scène Ti Coin Charmant.


24 septembre 2008

Mini-Concert Lévon Minassian, le 18 octobre à Mouans-Sartoux

Publié le : 22-09-2008


Rencontre musicale exceptionnelle avec Lévon Minassian, maître du doudouk

Le samedi 18 octobre à 19H à la médiathèque de Mouans-Sartoux
Aquarium de la médiathèque
201 avenue de Cannes
06370 Mouans-Sartoux

04 92 92 43 75
culture@muans-sartoux.net
Lévon Minassian, maître du doudouk, donnera un mini-concert exceptionnel, samedi 18 octobre, à 19 heures, à la médiathèque de Mouans-Sartoux, suivi d’une rencontre où le musicien évoquera son parcours artistique, entre autres aux côtés de Peter Gabriel et des musiciens du label Real World.

Derrière l’homme, peu connu du grand public, apparaît un musicien hors-pair, que d’aucuns qualifient de génie, dont les mélodies mélancoliques sont omniprésentes tant sur le petit écran qu’au cinéma. Lévon Minassian a signé les bandes originales des films La Passion du Christ de Mel Gibson, d’Amen de Costa-Gavras, de Va, vis et deviens du réalisateur Radu Mihaileanu mais encore les documentaires du La terre vue du ciel de Renaud Delourme d’après une idée originale de Yann Arthus-Bertrand ou encore l’Odyssée de l’Espèce de Jacques Malaterre. Levon Minassian a aussi joué et composé aux côtés de Sting, Charles Aznavour, I Muvrini, Manu Katché mais aussi Patrick Fiori. Sa carrière prend une envergure internationale en 1992 lorsque que Peter Gabriel (fondateur du groupe Genesis) le sollicite en personne lors des albums Us et Secret World.

Le doudouk est un instrument de 25 à 40 centimètres, de la famille des hautbois, que l’on tient horizontalement. Réalisé en bois d’abricotier, il est percé de neuf trous. Une anche double exceptionnellement longue et large, en roseau, s’emboîte dans une de ses extrémités. « Le doudouk, c’est l’âme du peuple arménien » aime à rappeler Lévon Minassian. Très répandu en Arménie, le doudouk est devenu, pour la diaspora, le symbole du pays des origines..

Entrée libre

Renseignements à la médiathèque de Mouans-Sartoux au 04.92.92.43.75.

Levon Minassian a accompagné Peter Gabriel lors de sa tournée mondiale Secret World en 1993-94 où il a ouvert, en soliste, des concerts où se sont pressées parfois 80 000 personnes.

17 septembre 2008

Lévon Minassian à Mouans-Sartoux

Rencontre exceptionnelle avec Lévon Minassian, le 18 octobre, à l'aquarium

Lévon Minassian, maître du doudouk et musicien de Peter Gabriel viendra faire découvrir le doudouk, samedi 18 octobre 2008, à 19 heures, dans l'aquarium de la médiathèque. L'artiste évoquera son parcours artistique, aux côtés de Peter Gabriel notamment.

Entrée libre. Tél. : 04.92.92.43.75.

voir message GRWN precedent : levon minassian un doudoukiste virtuose

13 septembre 2008

Duo Orlando Morais /Peter Gabriel

Orlando Morais et Patrick Bruel - Ou es-tu ?


Fer de lance de la nouvelle génération des auteurs-compositeurs – interprètes brésiliens, Orlando Morais s'est imposé très tôt. Son premier disque a été sacré "meilleur album pop-rock" par les Sharp-Awards brésiliens (équivalent des Grammy Awards nord-américains) en 1990.

Musicien autodidacte, Orlando Morais est né dans l'État de Goiânia, au centre ouest du Brésil. Ses chansons mettent en scène le poète et le monde, avec ce je ne sais quoi de nonchalance propre à la musique brésilienne qui met de la légèreté dans les choses graves. Et réciproquement.

Pour son second album en 1991. Ecrit en collaboration avec Djavan, Orlando est sacré une nouvelle fois « Meilleur musiciens » par les Sharp-Awards brésiliens. Depuis les récompenses n’ont cessé de pleuvoir et les plus grands ont collaboré avec lui : Caetano Veloso, Maria Bethania, Cazuca, Bebel Gilberto, Lénine, Roberto Carlos, Gilberto Gil et bien d’autres. Consécration médiatique, en 2004 et 2006 avec son album « Tudo Certo », Orlando est couronné « chanteur Brésilien le plus programmé en radio ».

En 2002 Orlando Morais rencontre Manu Katche et Philippe Abitbol. Une relation professionnelle et une grande amitié voit le jour. L’idée d’enregistrer un album avec Manu Katche à la batterie et Philippe Abitbol comme producteur prend racine.

Les années passent, les voyages se multiplient, les enregistrements débutent en 2007. Un beau jour Orlando rencontre Patrick Bruel. La passion de ce dernier pour le Brésil facilite leurs échanges.

Leur désir de travailler ensemble se concrétise quelques semaines plus tard à travers la chanson : « Ou es tu ». Ils y expriment deux volontés : Dénoncer un monde qui, si on n’y prend pas garde, aurait tendance à se déliter. Faire cohabiter musicalement rythmiques Pop – Rock et harmonies Brésiliennes. En Mai 2008 Patrick invite Orlando à chanter à Bercy les deux soirs où il se produit. Un grand souvenir.

11 autres chansons ont vu le jour depuis. Peter Gabriel, Sting et Youssou N’Dour ont rejoint l’album, ( ils chantent chacun un duo ), et Orlando s’est installé à Paris le 1 janvier 2008. Aujourd’hui, au lieu de permettre la découverte de leur chanson de manière habituelle, un CD single en vente dans tous les bons magasins, Orlando Morais et Patrick Bruel ont choisi une autre démarche. Celle de ne mettre en vente « Ou es tu » exclusivement que sur le net. Cette démarche s’avère être est la première du genre en France.

Notting Hill, oasis dernier chic

Marc Roche, LE MONDE, 12.09.08


Rachel Johnson chipote avec sa tranche de thon, boit une gorgée d'eau minérale en regardant d'un oeil critique la clientèle nonchalante du bistrot 202 : "C'est le monde de la femme qui ne travaille pas et n'a pas le temps de s'ennuyer, trop préoccupée par les nombreuses séances au club de gym, chez l'esthéticienne, le coiffeur, le psy, et par l'ascension sociale. Avec l'argent, on achète tout, et ceux d'ici ne s'en privent pas."

Voici donc la dame qui déclencha la tempête dans le Tout-Londres journalistique en pourfendant de ses pires sarcasmes la communauté tribale des nouveaux riches qui vit sur cet îlot barricadé de l'ouest de Londres. Comment osait-elle, elle qui a habité toute sa vie d'adulte sous cloche dorée dans cette oasis bon chic bon genre, située au nord de Hyde Park, à un pas de Holland Park et de Bayswater Road ?

L'objet de tous les ressentiments des supernantis du lieu est son livre, Notting Hell ("L'Enfer de Notting Hill"), qu'elle décrit comme une fiction autobiographique.

"Ils ont tout, ils n'ont rien" : Rachel Johnson quitte sur cette profession de foi ce restaurant créé par l'une des locomotives de la mode londonienne, la Française Nicole Fahri. C'est l'un des points d'ancrage privilégiés du nouveau Notting Hill à la réussite insolente. Des banquiers d'affaires, directeurs de hedge funds, avocats internationaux ou consultants, arrivés grâce à l'assiduité au travail, au flair, au culot et au Bottin mondain. Des stars du show-business et des médias (Björk, Uma Thurman, Elisabeth Murdoch ou Peter Gabriel) habitent également ce "village" où tout le monde se connaît. La fortune bétonnée par les ans, sinon par les siècles, de Mayfair ou de Knightsbridge regarde de haut cet argent nouveau qui ruisselle. Les néoparvenus n'en ont cure.

Westbourne Grove, l'artère centrale, est au coeur d'une toile d'araignée tendance d'où rayonnent toutes ces ruelles entrées au panthéon du chic anglais : Ledbury, Pembridge, Chepstow. Le mode de vie s'étale sur des trottoirs d'une propreté aussi étincelante que du papier glacé. On frôle la plus grande concentration de boutiques de design et de mode parmi les plus originales.

On remarque les traiteurs qui s'adressent à une clientèle toute sensibilisée à sa santé, chez qui l'on peut entrer avec ses patins à roulettes. On ne s'étonne pas de la voix douce et posée de la propriétaire de Melt, une fabrique de chocolats, ancienne responsable du département des estampes de la vénérable maison de vente aux enchères Christie's. La petite place centrale, dominée par des toilettes design et par un fleuriste, est nommée Turquoise Island, allusion aux destinations exotiques où ce public cossu et policé passe ses vacances d'hiver.

Le bar gay a été livré aux démolisseurs. La station-service a laissé la place à un tailleur huppé. Le kiosque débordant de journaux sages et de magazines osés est devenu un café appartenant à l'un des fils de Sir Terence Conran, le fondateur d'Habitat. Le petit bureau de poste, qui avait toujours été là, de mémoire de Londonien, a disparu. Ici, l'amateur de meubles de style palladien, de bijoux de création ou de posters de collection ne sait pas où donner de la tête. Mais pour dénicher un quart de lait, il faut s'aventurer du côté des puces de Portobello, le vieux Notting Hill, le quart-monde.

"Le quartier est un luxe haut de gamme, raffiné sans être ostentatoire, avec une conscience sociale et écolo marquée. Avec toutes ces grandes marques qui débarquent en masse, l'endroit risque cependant de perdre son âme", souligne la Française Liliane Fawcett qui célèbre l'an prochain les 25 ans de son magasin mythique, Themes & Variations, étonnante galerie d'objets contemporains.

A l'écouter, les aristocratiques maisons à façade blanche, les délicieux squares privés, les écoles payantes de renom, la sécurité, aussi, offerte par le voisinage du palais de Kensington et des ambassades, ont attiré les beautiful people. Avec la Central Line, la ligne la plus ponctuelle du réseau, la City, le temple de la finance mondiale, est à 15 minutes. La navette Heathrow Express vous emmène en un tour de main de la gare de Paddington à l'aéroport, ombilic de la planète. Preuve de cette popularité, les prix des habitations et des locations ont mieux résisté à la crise du crédit que dans le reste de la capitale. Impossible... mais vrai.

RENAISSANCE CULTURELLE

Enfin, le nouveau Notting Hill est aussi bien placé pour partir tranquillement en week-end par l'autoroute de l'ouest desservant les comtés gras - Cotswolds, Gloucestershire ou Hampshire -, où il est de bon ton de posséder une résidence secondaire.

Touche-à-tout éclectique, l'hôtelier Martin Miller est un peu le mémorialiste du lieu. "Quand je me suis installé ici, il n'y avait que des brocanteurs et des magasins d'antiquités qui ont disparu les uns après les autres avec l'explosion des services financiers. L'idylle cinématographique entre Hugh Grant et Julia Roberts a accéléré le processus de régénération", insiste ce gaillard aux cheveux en bataille qui reçoit dans la salle à manger de son bed & breakfast qui tient d'un grenier capharnaüm.

Au départ, le quartier était habité par les "cols bleus" qui, après la guerre, se sont transférés en banlieue. Aussitôt, les immigrants antillais et les artistes se sont emparés des logements laissés à l'abandon, scindés en studios. Puis vinrent les professions libérales et les financiers. Où sont passés les anciens habitants ? Martin Miller n'en sait rien...

La renaissance de Notting Hill est aussi culturelle. Les arts de haut niveau, c'est surtout dans ses innombrables galeries qu'on peut les goûter. L'ambition de la Jane England est de faire un bel écrin pour ce qu'elle appelle "la vraie bohème artistique des années 1950 et 1960 qui est toujours là, mais se cache". Notre galeriste rêve d'organiser une chasse aux trésors sur les pas de David Hockney et de sa bande qui avaient élu domicile dans le coin. Elle compte inclure la dalle de pierre grise posée par la Pembridge Association qui proclame : "Soyez gentils et miséricordieux envers tous les animaux." A Notting Hill, l'excentricité anglaise est toujours là et bien vivante.

11 septembre 2008

Un missionnaire volage

Bertrand Dicale, Radio France Internationale, 09.09.08

> Zazou was tireless in creating fertile fusions

Disparition d'Hector Zazou, un missionnaire volage

Avec Hector Zazou, on ne sait pas si c’est le premier des postmodernes ou le dernier des hommes de la Renaissance qui a disparu le 8 septembre. Touche-à-tout et avant-gardiste, élitaire et populaire, généreux et retenu, savant et instinctif, il laisse une œuvre singulière, rare, diverse, contrastée, une œuvre sur laquelle il est difficile de tracer des lignes de force et de cohérence, tant il a exploré de lieux variés dans les musiques populaires du XXe siècle.

C’est un pionnier des synthétiseurs autant qu’un pionnier de l’exploration de tout l’éventail des musiques existantes qui se révèle avec l’album Barricades 3 enregistré en compagnie de Joseph Racaille en 1976 et, au début des années 1980, avec sa collaboration très remarquée avec le chanteur congolais Bony Bikaye. Les disques et les – trop rares ! – concerts de Zazou Bikaye annoncent ce que seront les années 1990 de Peter Gabriel, Jon Hassell ou Jean-Philippe Rykiel : les nappes numériques jaillies des circuits imprimés épousant le grain de voix africaines riches de leurs siècles de tradition… En même temps, il jongle avec les clichés narratifs et musicaux de l’aventure exotique dans l’album précurseur Reivax au Bongo en 1986…

Ce missionnaire de la découverte musicale et de la rencontre osée brouille toutes les pistes, accumulant des aventures qui l’envoient à l’autre bout de plusieurs mondes pour revenir à Paris mixer, reconstruire, re-rêver des albums systématiquement novateurs et intemporels à la fois. Il produit les Nouvelles Polyphonies corses, qui mettent les polyphonies au risque de l’électro (et emportent une Victoire de la musique en 1992). Il enregistre Chansons des mers froides avec une foule d’interprètes de tous les Nords (Björk, Suzanne Vega, Siouxie…), Sahara Blue en hommage à Arthur Rimbaud (avec Gérard Depardieu, John Cale, David Sylvian, Dominique Dalcan, Lisa Gerrard, Richard Bohringer…), une plongée dans l’Irlande (l’album Lights in the Dark, sorte d’inverse des Pogues enregistré avec Peter Gabriel, Ryuichi Sakamoto, Brendan Perry, Breda Mayock), un disque et une tournée éblouissants avec la chanteuse rock américaine Sandy Dillon"Je suis un peu volage", admet-t-il volontiers...

Un univers différent à chaque disque ? "C’est comme ça que ça se passe dans la bande dessinée, nous avait-il expliqué un jour. Pourquoi n’en serait-il pas de même en musique ? Si on reste au même endroit, c’est souvent qu’on y est obligé : on s’oblige soi-même, il y a des impératifs de type marketing, des pressions de l’extérieur et de l’autocensure."

Ce musicien volage est aussi devenu expert. On lui commande six heures de musique pour le grand défilé populaire qui ouvre la coupe du monde de football en France en 1998, grand voyage évoquant chaque continent et convergeant en une vaste symphonie multiculturelle. Outre des collaborations sporadiques ici ou là, il était aussi un réalisateur d’albums recherché et avait signé des disques de Yungchen Lhamo, de Laurence Revey ou de Carlos Nunez.

Il fait partie de ces musiciens dont on ne sait plus s’ils pensent ou jouent le plus. "Ce qui m’intéresse, c’est le son même. Le moment où j’enregistre n’est pas le moment qui m’intéresse le plus", nous avait-il confié. Moyennant quoi, il joue de tous les instruments : "S’il faut souffler dans un truc pour produire un son, je veux bien le faire. Mais si j’enregistre une partie de guitare, je vais passer plus de temps à la travailler ensuite." Mais il parvient à devenir virtuose – un des meilleurs – d’un instrument que l’on utilise en général pour ses vertus d’habillage sonore, le theremin. "De temps en temps, j’en joue bien ; de temps en temps, j’en joue très mal. La machine elle-même a ses caprices…"

Sa dernière entreprise discographique n’est pas la moins singulière : une série de pièces composées sur des images en mouvement du peintre Bernard Caillaud, présentées sur Q+C (comme Quadrichromies), CD et DVD publiés en 2006. Et il venait de mettre la dernière main à un album enregistré en Inde, In the House of Mirrors, qui paraitra à titre posthume le 6 octobre, chez Crammed.

Grand voyageur de musiques, il était aussi, sous son identité d’état-civil, Pierre Job, un respecté journaliste globe-trotter, notamment pour Le Figaro Magazine.


10 septembre 2008

Peter Gabriel reçoit les honneurs des mains de The Edge

Aujourd'hui, au Hard Rock Café de Londres, Peter Gabriel a reçu le prix «Ambassadeur de conscience» d'Amnistie internationale des mains du guitariste The Edge. Cet honneur vise à souligner l'implication de Gabriel dans la défense des droits humains.

«C'est grâce aux tournées pour Aministie internationale que j'ai tout d'abord rencontré des gens impliqués dans la défense des droits humains»,
a dit Gabriel. «C'était ces personnes et leurs histoires de souffrances et de courage dont je ne pouvais m'éloigner. Par conséquent, ce prix veut dire beaucoup pour moi», a-t-il ajouté.


The Edge
et Nelson Mandela comptent parmi les récipiendaires passés.


Aministie Internationale ainsi que ses supporters, dont font partie The Edge et Peter Gabriel, ont demandé à plusieurs musiciens de participer à la tournée «Small Places Tour». Celle-ci débute aujourd'hui pour se poursuivre jusqu'au 10 décembre.

Zazou Crammed

Gabnews : " Pour terminer l'hommage que je voulais adresser à ce grand musicien et compositeur en reproduisant ici cette série d'articles et dont les œuvres ont ces dernières années accompagné et souvent sauvé aussi par leur beauté beaucoup de mes vagues à l'âme, de ces mers froides aux courants si forts qu'ils entrainent parfois jusqu'aux limites des pôles sans retour, voici le texte qu'à fait paraitre sa maison de disque.

Adieu M. Zazou et merci pour tout, votre musique et votre esprit reste parmi nous"

Ligths in the Dark ! ...sublime

Message de sa maison de disque suite à son décès

Chers amis,

Nous vous annonçons avec une infinie tristesse que Hector Zazou nous a quitté le 8 septembre 2008 à Paris, dans sa soixantième année, à la veille de la parution d’un nouvel album enregistré en Inde (In The House Of Mirrors).

Explorateur fasciné des musiques du monde, pionnier des expérimentations électroniques, amoureux des voix féminines et des quatuors à cordes, arrangeur délicat et amateur de rock décalé, Hector Zazou n’a cessé de surprendre à chaque nouvel album, naviguant entre les genres pour créer les mélanges les plus subtils.

En témoigne une discographie riche d’albums originaux et souvent précurseurs, tels que Barricades 3 (1976,avec Joseph Racaille), Noir et Blanc (l’album qui posa les bases de la fusion afro-électronique, enregistré en 1983, avec le chanteur congolais Bony Bikaye), Les Nouvelles Polyphonies Corses (lauréat d’une Victoire de la Musique en 1992), Chansons des Mers Froides (1994, avec Björk, Suzanne Vega, Siouxsie), Lights In The Dark (1998, avec Brendan Perry, Ryuichi Sakamoto, Peter Gabriel) et une quinzaine d’autres, qui lui confèrent une place de premier plan sur la scène internationale.

Réalisateur sollicité, il a entre autre travaillé avec les chanteuses Yungchen Lhamo (Tibet), Sevara Nazarkhan (Ouzbékistan) et Laurence Revey (Suisse), avec le flûtiste galicien Carlos Nuñez ou avec le groupe italien PGR.

Musicien respecté par ses pairs, il a collaboré avec Jon Hassell, Manu Dibango, John Cale, Harold Budd, Brian Eno, Peter Buck, Bill Rieflin, Nils Petter Molvaer, Laurie Anderson, Lisa Germano, David Sylvian, Jane Birkin, Lisa Gerrard, Asia Argento, Gérard Depardieu...

Crammed Discs a eu le bonheur d’entretenir une longue relation amicale et productive avec Hector Zazou, depuis le début des années 80, qui a donné lieu à la production et la publication de dix de ses albums. Le onzième est ‘In The House Of Mirrors’, un disque merveilleux et malheureusement posthume, qui paraîtra le 6 octobre.

Nous nous associons à sa famille et à ses proches en ce moment de deuil..

Il nous manque déjà terriblement.


Hector Zazou : un chercheur disparaît.

Eric Tandy pour www.Hitmusemag.com le 10 septembre 2008


Hector Zazou
vient de disparaître. De ses débuts avec un groupe post soixante-huitard et farfelu, appelé Barricades, à un dernier album enregistré en Inde, cet homme orchestre compositeur arrangeur aura continuellement expérimenté la planète World.

Au départ, à la fin des années 60, il jouait dans Barricades, un groupe plus « freak » que réellement hippie baba cool, où la provocation et la parodie rejoignaient un jazz à tendance free et un rock sérieusement déjanté. Ensuite, Hector Zazou aura toujours eu une longueur d’avance sur la plupart de ses contemporains. I

l initiera par exemple le mélange musique électronique/musique africaine dès 1983 avec l’album « Noir et Blanc », enregistré avec le chanteur Africain Bony Bikaye ; il collaborera avec Bill Laswell et Khaled sur le projet « Sahara Blues » ; il s’investira dans les célèbres « Polyphonies Corses » ; il travaillera avec Björk et Suzanne Vega pour « Chansons des Mers Froides » ; il côtoiera musicalement Peter Gabriel, Manu Dibango ou Ryuichi Sakamoto.

Se promenant entre la World Music, la musique contemporaine et les BO de films, ce compositeur réalisateur instrumentiste aura marqué son temps, mais de façon plutôt discrète, comme beaucoup de chercheurs. Il est décédé ce 8 septembre, alors que l’on attendait la sortie de son dernier album (« In The House of The Mirrors ») enregistré en Inde.

Hector Zazou rejoint les mers froides

Ludovic Perrin, Liberation, mercredi 10 septembre 2008


Disparition. Le musicien touche-à-tout, producteur de dizaines de projets world-new age, est mort à 60 ans.

Hector Zazou est mort lundi. Dans un mois sortira son dernier projet, In the House of Mirrors, enregistré à Bombay avec des Indiens. Un album minimaliste dans la lignée de ce qu’a pu produire ce musicien activiste en quarante ans.

Situationniste. Né le 11 juillet 1948 à Sidi Bel Abbès (Algérie) sous le nom de Pierre Job, Hector Zazou avait amené la radicalité expérimentale sur le terrain populaire, comme la marge tient les pages. Révélé au sein du collectif Barricade en 1969 à Marseille, ce bassiste nourri à Captain Beefheart et Raymond Roussel ambitionne de capter en musique l’esprit situationniste d’époque par une série d’emprunts, de détournements et de foutages de gueule. Mot d’ordre : ne pas sortir de disque avant 2000.

La promesse a été tenue puisqu’ont finalement paru les chutes de Barricade, collectif scindé en deux fragments, Crève vite charogne d’un côté, Roquet et ses Lévriers Basanés de l’autre, avec Hector Zazou et Joseph Racaille. Ensemble, rodés à la manche (Chaussettes noires et Danny Logan au répertoire), ils enregistreront deux albums sous le nom de ZNR, Barricade III et Traité de mécanique populaire. En 1979, Racaille quitte l’appartement communautaire. Et Zazou le suit un an plus tard à Paris. Mais de son côté. «C’était un formidable compositeur et catalyseur, mais qui pouvait avoir un côté chef», se souvient Joseph Racaille, devenu un arrangeur couru (Bashung, Thomas Fersen, Dick Annegarn).

Un trait de caractère qui revient quand on évoque Hector Zazou : organisateur capable de donner sa chance au débutant (Renaud Gabriel Pion, clarinettiste) et de s’entourer de figures arty du moment (David Sylvian, Lisa Germano). Comme ses mouvements disparates, c’était un «personnage difficile à cerner, sachant se faire silencieux et parfois sentencieux, maître d’école. Mais derrière ce caractère fort, il y avait une vraie exigence de projets libérés des visées charts», se rappelle Dominique Dalcan, invité sur le projet Sahara Blue (1992).

Contre-emploi. Hector Zazou vient alors d’accéder à la reconnaissance avec Les Nouvelles Polyphonies corses, Victoire de la musique 1992. Ce projet mêlant le piano de Sakamoto aux voix de l’île de Beauté résume l’axe Zazou: «L’idée était de prendre des gens et, comme si leurs racines ne suffisaient pas, de les réinventer en croisant continents et cultures.» Cela se fait chez cet admirateur de Brian Eno, Steve Reich et John Cage, au travers de castings à contre-emploi. Depardieu et John Cale, Khaled et Richard Bohringer, Siouxsie et Björk se retrouvent sur des albums prolongeant le rêve de «musiques nouvelles» que Zazou avait depuis ses premières expériences électroniques au sein de Barricade et ZNR : conjuguer piano à queue et séquenceur, ambient et sons du Maghreb, voix polaires et rythmes africains. Ou l’inverse : synthépop Soft Cell et griot (Zazou-Bikaye). «Les idées lui venaient parfois en studio, poursuit Dalcan. C’était un tchatcheur, capable de vendre un projet sur un pitch. Il embarquait les gens dans sa finalité à lui. Certains en ont bavé, mais c’était formateur. Il ouvrait la tête et l’esprit.»

Jeanne d’Arc. Chansons des mers froides clôt en 1995 la trilogie des grands travaux Zazou. Le musicien n’en continue pas moins de varier les genres : album acoustique avec Jane Birkin et Lisa Germano (suivi de son jumeau électronique), relecture des chants sacrés du XIIe siècle en Irlande avec un trio de chanteuses soutenues par le Galicien Carlos Nuñez, Mark Isham et Peter Gabriel, compos pour le Balanescu Quartet, musique sur la Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer, pour finir sur un projet avec le peintre Bernard Cailleau, Quadri+Chromi, en 2006. Tout un éventail qui reflétait la multiplicité inquiète revendiquée par un musicien trop curieux pour s’inscrire dans une ligne.

Hector Zazou, le trépas d'un savant fou de sons

Olivier Horner, Le temps, Mercredi 10 septembre 2008

Hector Zazou, créateur insatiable. (photo: DR)

DECES. Compositeur et producteur français, maître des fusions, il avait travaillé avec Björk.

Bâtisseur hors pair de cathédrales ouvertes aux quatre vents musicaux, créateur aussi aventureux que génial, Hector Zazou a sculpté près de trente-cinq ans durant une œuvre riche et protéiforme. Son prochain album, dont la sortie est prévue début octobre, sera hélas posthume. Le musicien et producteur français est décédé le 8 septembre à Paris à l'âge de 60 ans, des suites d'une longue maladie.

In The House Of Mirrors, enregistré en Inde, scellera ainsi la trajectoire nomade d'un compositeur influent mais demeuré en marge de toutes classifications. Ce savant fou, dont les pièces montées frappaient et déroutaient, sera tant regretté par des chanteuses audacieuses comme Björk ou la Suissesse Laurence Revey (dont il a réalisé Le Creux des Fées) que par des figures de la world music tels Peter Gabriel ou le Congolais Bony Bikaye avec lequel il signa en 1983 Noir et Blanc, œuvre-jalon de la fusion afro-électronique. Même les acteurs Gérard Depardieu et Richard Bohringer, que Zazou a fait chanter en 1992 pour un hommage à Arthur Rimbaud (Sahara Blue) devraient pleurer ce créateur insatiable. Zazou savait embrasser dans des souffles toxiques traditions et expérimentations, en traqueur de mélodies, de tons et de climats aux flux et reflux subtils.

Sans peur des grands écarts

Du rock impressionniste de ses débuts avec Joseph Racaille au sein de ZNR à son défrichage pionnier des traditions africaines au début des années 80, de l'exploration des musiques ancestrales de l'hémisphère Nord aux chants séculaires celtes, tibétains ou corses (Les nouvelles polyphonies corses, sacré aux Victoires de la musique 1992 grâce à la rencontre entre vocalises de l'île méditerranéenne et de musiciens actuels comme Ryuichi Sakamoto ou John Cale), de l'électro aux dissonances électriques, ses productions continueront d'illustrer une quête de textures novatrices.

En une quinzaine de CD et une dizaine de productions insensées, Zazou a cherché aussi bien les mariages déraisonnables que les unions fusionnelles. De grands écarts qui ont participé à la notoriété internationale du natif de Sidi bel Abbès en Algérie. Strong Currents, album inouï paru il y a quatre ans, constitue un exemple emblématique de son travail sur les voix sidérales. Ce miroir langoureux du culte Chansons des mers froides (avec Björk et Suzanne Vega, 1994) réunissait les chants capiteux et méconnaissables de Laurie Anderson ou Jane Birkin.

09 septembre 2008

Décès d'Hector Zazou, le compositeur embarque pour sa dernière île

Le compositeur français Hector Zazou est mort hier à l'âge de 60 ans, des suites d'une maladie diagnostiquée en début d'année. Connu des auditeurs de Bernard Lenoir, l'Inrockuptible, chez qui il passait régulièrement pour des émissions ethniques ou world généralement "zappées" par les fans hardcore : "ah, merde, c'est Hector Zazou. Qu'est-ce qu'il y a à la télé?", Hector Zazou s'était taillé une belle réputation à l'international par la qualité et la richesse de ses productions.

Amoureux des musiques du monde, africaines et des îles en particulier, Hector Zazou avait été exposé à un plus large public en 1995 avec son album Chanson des Mers Froides, sur lequel on trouvait, parmi des choeurs sidérants (d'esquimotes notamment) quelques intervenants célèbres : Björk, Siouxsie, John Cale ou Suzanne Vega. Cette collection de chansons d'ambiance traditionnelles des régions froides avait constitué son plus gros succès commercial et avait permis de faire connaître sa démarche d'ouverture, de métissage musical et de défrichage à un public pop-rock généralement assez fermé autour de ses bases. Zazou aimait les percussions africaines, les pièces de rock jouées avec des instruments traditionnels mais également les expérimentations sonores et électroniques. Son dernier album, sorti il y a un an, Corps Electriques, évoluait d'ailleurs dans ce registre electro-rock.

Son décès intervient quelques jours avant la mise en circulation d'un album qui, de fait, deviendra un album posthume : In the House of Mirrors, prévu le 6 octobre. L'album enregistré en Inde, avec notamment une section de cordes ouzbek, illustre sa volonté de parvenir, par l'électronique, à mener, au sein de musiques répétitives ou ascensionnelles, une vraie recherche du sacré. "Les Anglais ont Peter Gabriel, les Américains David Byrne, les Français Hector Zazou", disait de lui Jean-François Bizot. Il va falloir faire autrement.

http://www.myspace.com/corpselectriquesalbum

Mort du compositeur Hector Zazou

Source AFP, 09/09/2008

Le compositeur et producteur Hector Zazou, adepte des métissages musicaux, comme dans l'album "Les nouvelles polyphonies corses", et qui a notamment collaboré avec Björk ou Peter Gabriel, est mort hier à Paris à 60 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris aujourd'hui dans son entourage professionnel.

Artiste innovant à la carrière éclectique, Hector Zazou, né à Sidi bel Abbès (Algérie) le 11 juillet 1948, était un pionnier français des mariages entre musiques actuelles et musiques du monde. Son dernier album, "In The House Of Mirrors", enregistré en Inde, paraîtra le 6 octobre sur le label Crammed.

Il avait été le maître d'oeuvre de l'album "Les nouvelles polyphonies corses", qui marquait la rencontre entre la tradition vocale de l'Ile de Beauté et des musiciens actuels comme le Japonais Ryuichi Sakamoto, le Camerounais Manu Dibango ou l'Américain John Cale. Ce disque avait reçu une Victoire de la musique en 1992.

Hector Zazou passe de l’autre côté du miroir

Eliane Azoulay, Télérarma Le 9 septembre 2008

Dans son nouveau disque, qui doit sortir début octobre, le compositeur iconoclaste se laisse aller à la langueur des cordes indiennes et ouzbeks, touchant l’âme des traditions comme jamais auparavant. Hector Zazou, touche-à-tout illuminé qui rêvait d’“aller au cœur du son”, est mort cette nuit à l’âge de 60 ans.

Le coup de foudre fut immédiat pour le nouvel album d’Hector Zazou, In the house of mirrors. L’envie est venue aussitôt de comprendre la démarche de l’iconoclaste compositeur, si discret à ses claviers, en arrière-plan d’un languide et onirique entrecroisement de cordes indiennes et ouzbeks. Et d’en savoir plus sur ce titre énigmatique, en référence à la galerie de glaces de La Dame de Shanghaï.

Cette fois, le dandy cultivé féru de Raymond Roussel, Eric Satie ou Robert Wyatt, s’était effacé derrière le savoir-faire des musiciens asiatiques qu’il était allé chercher dans leurs lointaines contrées. Il avait succombé aux vertiges de la lenteur et de la sérénité, lui qui avait commencé par le free-rock le plus déjanté (Zazou/Racaille) avant de faire le grand écart entre pièces pour quatuors à cordes (Balanescu Quartet) et afro-funk-électro (Zazou/Bikaye). Au long de son parcours, ce touche-à-tout aux allures de savant illuminé s’était également intéressé aux polyphonies corses, aux vocalises tibétaines, aux gospels du pôle Nord. Parmi ses complices musicaux, Björk, Brian Eno, John Cale, Jon Hassel, Khaled, Manu Dibango et même… Gérard Depardieu ! Mais jamais il n’avait su capter aussi intensément l’âme des traditions ainsi approchées.

Un entretien fut donc demandé à la maison de disque Crammed, petit label bruxellois qui a souvent accompagné ses pérégrinations d’explorateur curieux des sons du monde. Et la nouvelle, terrible, est tombée : Hector Zazou était atteint depuis juin dernier par « une forme très agressive de cancer du système lymphatique ». Exceptionnellement, il pourrait répondre à mes questions, mais par mail seulement. Cette interview fut la dernière qu’il ait accordée : la maladie l’a emporté, à 60 ans, dans son sommeil, la nuit du 8 au 9 septembre.

« Attirer l’attention de l’auditeur sur la manière dont certains sons se répondent et se reflètent à l’infini. » Hector Zazou expliquait ainsi le titre en forme de clin d’œil au film d’Orson Welles. Le déclic initial était venu d’une commande de France Musique pour des brèves, des « virgules » utilisant les résonances des sons.

« Aller au cœur du son », écrivait-il dans son mail. Ou encore « Voir le tissu sonore comme à travers un microscope… Appréhender les notes par un processus de grossissement de certains éléments… » Zazou a toujours eu un penchant pour le conceptuel.

« Tout au long de la trentaine de disques que j’ai enregistrés en tant que compositeur ou réalisateur, ajoutait-il, je n’ai jamais envisagé de mettre une saharienne et un casque colonial. Je ne suis pas un donneur de leçons, plutôt un éternel étudiant en quête de savoir. Pour In the house of mirrors, j’avais commencé à faire des comparaisons théoriques. Mais mes calculs se sont avérés complètement fantaisistes. Quand j’en ai parlé aux musiciens, ils ont souri : “Si nous voulons jouer ensemble, la meilleure méthode est de nous écouter et de modifier, de temps en temps, quelques notes.” »

Au fil des rencontres entre les instrumentistes ouzbeks et indiens – aux luths Toir Kuziyev, « le Ry Cooder des steppes », au violon, Milind Raikar, à la guitare « slide » Manish Pingle, à la flûte Roju Majumdar – est né le désir de faire appel à quelques amis occidentaux. Ainsi sont arrivés le souffle lunaire d’un trompettiste norvégien, un lancinant violon hongrois, un piano andalou, une flûte asturienne.

Derrière ses claviers, Zazou s’est livré à de légers bidouillages pour triturer, prolonger, amplifier les notes et leurs résonances les plus ténues. Les quatorze années de jeunesse qu’il a vécues en Algérie sont sûrement aussi pour beaucoup dans les tonalités orientalisantes de ce bain indo-ouzbek. « Notes et résonances, écrivait-il, forment des vagues qui poussent l’instrumentiste à plonger de la surface de l’onde vers le cœur même du son, à l’intérieur de lui-même. »

08 septembre 2008

Peter Gabriel ambassadeur de conscience

Baptiste Layec, musicspot.fr, publié le 08/09/2008

Peter Gabriel a cette année reçu une distinction qui l'honore plus que n'importe quelle autre : Il est nommé par Art For Amnesty "Ambassador Of Conscience", soit "ambassadeur de conscience", titre qui récompense son rôle dans la lutte en faveur des droits de l'homme.

La cérémonie d'intronisation de Peter Gabriel aura lieu le 10 septembre, au Hard-Rock Cafe de Londres. Bill Shipsey, de Art for Amnesty, ne tarit pas d'éloges à son sujet : "Peter a toujours été à l'avant-garde du combat pour les droits de l'homme et la justice". De fait, l'artiste britannique s'est de nombreuses fois distingué dans des associations humanitaires, et il a déjà participé à deux tournées organisées par Amnesty. Les autres personnalités à avoir reçu le titre d'Ambassador of Conscience sont Nelson Mandela, U2, Mary Robinson et Vaclav Havel. Peter Gabriel recevra son titre des mains mêmes de The Edge, le guitariste de U2.

Cette cérémonie sera également l'occasion de lancer la tournée Small Places 2008. Cet évènement a été élaborée par Amnesty International à l'occasion des 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. De nombreux artistes seront de la partie Cette tournée à but caritatif ne donnera pas seulement lieu à des concerts mais aussi à des mises aux enchères, des votes et des concours. Vous pouvez vous tenir informés sur Musicspot ou sur le site myspace de la tournée Small Places.